
Le 10 octobre 2026, au Wintrust Arena de Chicago, Sergio Mendoza a signé l'une des surprises marquantes de l'année en stoppant Ricardo Sandoval, champion unifié WBA et WBC des poids mouches, par TKO au cinquième round. En co-vedette de Schofield contre Bahdi, sur une soirée Golden Boy diffusée par DAZN, le gaucher mexicain a mis fin au règne de Sandoval à 1 min 46 s de la cinquième reprise, sur intervention de l'arbitre Mark Nelson. Appelé avec un court préavis pour remplacer Oscar Collazo, blessé, Mendoza ne partait clairement pas favori : Sandoval était coté à 7 contre 1, même s'il revenait de quinze mois sans combat. Au terme de la soirée, Mendoza porte son bilan à 28-1 (24 KO), tandis que Sandoval retombe à 27-3 (18 KO).
Le combat s'est joué sur trois knockdowns. Dès le deuxième round, Mendoza a envoyé Sandoval au tapis à deux reprises, d'abord sur un crochet droit, puis sur un uppercut gauche, donnant immédiatement une dimension concrète à la menace de ce remplaçant. Sandoval a tenu, mais sans jamais reprendre le contrôle, et au cinquième round un crochet droit en contre l'a renvoyé au sol avant que Mark Nelson n'arrête les débats. Pour Sandoval, la défaite a un caractère inédit : en trente combats professionnels, il n'avait encore jamais été stoppé. Il perd ainsi ses deux ceintures dans des circonstances qui ne laissent place à aucun débat, à l'opposé de celles dans lesquelles il les avait conquises un peu plus d'un an plus tôt.
La trajectoire de Mendoza rend la performance encore plus remarquable. Six mois plus tôt, le 13 avril 2026 au Korakuen Hall de Tokyo, il avait été battu par KO au deuxième round par Thanongsak Simsri pour le titre IBF des mi-mouches, et rien dans ce revers ne laissait prévoir qu'il deviendrait si vite champion unifié chez les mouches. Il repart de Chicago avec les ceintures WBA et WBC, soit deux des quatre titres majeurs de la catégorie, et s'installe d'un coup parmi les noms qui comptent à 112 livres. « I'm in shock right now… Viva Mexico! », a-t-il lancé après le combat, en dédiant sa victoire à son frère, récemment décédé. Oscar De La Hoya a parlé d'une « Amazing surprise » et d'un « Incredible KO of Sandoval », des mots qui résument une soirée où un remplaçant de dernière minute a renversé tous les pronostics.
À la rédaction de BoxingP4P, nous accueillons ce résultat avec une vraie satisfaction, et nous l'assumons. Le 30 juillet 2025, au Yokohama Buntai, Sandoval avait pris les titres WBA et WBC à Kenshiro Teraji par décision partagée, avec des cartes de 117-110 et 115-112 en sa faveur contre 114-113 pour Teraji, alors que le Japonais l'avait pourtant envoyé au tapis pendant le combat. Au Japon, le 117-110 avait été critiqué pour son ampleur. À nos yeux, Teraji ne méritait pas de perdre ce soir-là, et nous considérons cette décision comme une victoire volée. C'est un jugement éditorial, et il ne s'agit pas de prétendre que Chicago répare officiellement Yokohama : Mendoza a gagné par ses propres moyens, avec trois knockdowns et un arrêt net. Mais voir Sandoval perdre sur un upset les ceintures obtenues par un verdict que nous jugions injuste a quelque chose de logique, presque de juste.
Le verdict de Chicago, lui, est sans ambiguïté. Sergio Mendoza a battu le champion unifié des poids mouches avant la limite, et cette fois il n'a fallu ni carte controversée ni débat sur les points pour départager les deux hommes. La catégorie a un nouveau champion WBA et WBC, et Sandoval, privé de ses titres et stoppé pour la première fois de sa carrière, devra reconstruire ce que sa victoire contestée de Yokohama ne lui avait jamais vraiment apporté : une légitimité incontestable.