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Tyson Fury facile face à Makhmudov : les rois déchus pour un dernier petit billet

13 avr. 2026

Le 11 avril 2026 au Tottenham Hotspur Stadium, Tyson Fury effectuait son énième retour à la compétition après son énième départ en retraite. Pour ce come-back, il avait choisi un combat de tune-up face à Makhmudov, un Russe basé au Canada au style très typé poids-lourd : bourrin, tête en avant, uppercuts et crochets qui partent dans tous les sens, avec un physique impressionnant. Pas un adversaire sans danger — il était dans son prime et avait déjà infligé quelques frayeurs à ses opposants, même s'il avait lui-même été mis KO par Kabayel sur des coups au corps. Pour Fury, rien d'extraordinaire sur le papier, mais un test honnête pour jauger son niveau après deux longues périodes d'inactivité. Le combat s'est déroulé de façon prévisible : Fury disposait d'une boîte à outils bien plus riche et variée que celle de Makhmudov, qui a fait ce qu'on attendait de lui — de l'agression, de la pression, sans grande finesse technique. Il a réussi à toucher Fury à plusieurs reprises, pas suffisamment pour le blesser réellement, mais assez pour poser quelques questions. Fury est habituellement très évasif, ses mouvements de tête sont l'une de ses marques de fabrique — et il s'est quand même fait toucher un peu plus qu'on ne l'aurait attendu face à un profil aussi prévisible. Malgré ça, il a maîtrisé l'ensemble avec sérénité : les jambes sont toujours là à 37 ans, le jab reste propre, la technique intacte. Les cartes des juges en attestent — 120-108, 120-108, 119-109 — une victoire nette et sans contestation. Ce qui interroge davantage, c'est la puissance. Fury n'a jamais été un KO artist au sens strict, mais on l'a vu contre Wilder capable de placer des coups lourds et de faire vraiment mal. Face à Makhmudov, il a bien sûr touché son adversaire à de nombreuses reprises, mais jamais ce dernier n'a semblé véritablement en danger. Question légitime : était-ce un choix tactique, faire les douze rounds pour reprendre le rythme ? Ou bien la puissance a-t-elle un peu baissé ? Difficile à trancher, mais c'est une note à retenir. À l'issue du combat, Fury a appelé Anthony Joshua depuis le ring, exigeant même sa présence dans l'arène. Joshua n'a pas bougé — silence complet, pas de réponse publique, pas de montée sur le ring. Ce refus discret en dit peut-être autant que n'importe quelle déclaration. Et c'est là que la vraie histoire commence. Ce qui se dessine, c'est le retour des trois rois déchus des poids-lourds : Wilder, Joshua et Fury. Avant la prise de pouvoir d'Oleksandr Usyk, ces trois-là auraient dû se rencontrer dans des combinaisons qui auraient été massives sur le plan financier et sportif. Fury et Wilder ont bien livré leur trilogie, mémorable et très lucrative pour les deux. Mais Wilder et Joshua ne se sont jamais croisés. Et Fury contre Joshua, qui aurait été un événement colossal en Angleterre, n'a jamais eu lieu non plus. Faute de mieux — le paysage des poids-lourds étant aujourd'hui vide depuis la domination d'Usyk et en attendant que les jeunes frappent vraiment à la porte — ces combats qui auraient dû arriver il y a quelques années risquent de se produire maintenant, avec évidemment beaucoup moins d'enjeu. Mais bon, dans un contexte où il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent dans la catégorie reine, un Fury-Joshua ou un Joshua-Wilder reste vendable. Ces anciens ne sont plus là pour se challenger ou affronter la relève — ils sont là pour encaisser un dernier beau chèque.

Nasukawa TKO Estrada et se relance dans la course au titre

11 avr. 2026

Tenshin Nasukawa a signé au Japon la victoire qu'il lui fallait pour se remettre en mouvement. Son succès face à Juan Francisco Estrada, conclu par arrêt à l'issue du 9e round, lui redonne immédiatement de l'élan dans la course à un premier titre mondial après l'échec contre Takuma Inoue. Vu de loin, le résultat a de l'allure : battre un nom comme Estrada reste un marqueur fort sur un palmarès encore en construction. Le Mexicain n'est pas un ancien champion quelconque. Pendant des années, il a fait partie des grandes références des petites catégories, avec des combats de très haut niveau contre Roman "Chocolatito" Gonzalez et une place durable dans les discussions pound-for-pound. Pour Nasukawa, cette victoire compte donc vraiment. Elle lui évite de s'enliser après sa première grande défaite et lui permet de remettre son projet mondial au centre. Le problème, c'est que le combat lui-même laisse une impression plus mitigée que le simple résultat. La version d'Estrada vue sur le ring n'avait plus grand-chose à voir avec celle de ses meilleures années. À 35 ans, après la défaite contre Bam Rodriguez, qui l'avait déjà arrêté, et une montée de catégorie, le Mexicain semblait diminué dans plusieurs de ses armes historiques : moins de lecture, moins de vitesse de réaction, moins de tranchant dans les contres. Son crochet gauche, longtemps l'un de ses gestes les plus dangereux, est resté très discret. Ses appuis n'étaient plus les mêmes non plus, au point de le voir perdre l'équilibre de façon inhabituelle à plusieurs reprises. C'est précisément pour cela que cette victoire de Nasukawa appelle une lecture plus exigeante. Oui, le Japonais a été supérieur. Oui, il a retrouvé par séquences un style plus mobile, avec davantage d'angles et de mouvements de tête, dans une version plus proche de ce qu'il avait montré contre Victor Santillan. Et justement, ce n'était pas du tout le même style que face à Takuma Inoue, où il était apparu plus rigide, plus frontal et plus linéaire. Mais face à un Estrada aussi entamé, on pouvait attendre davantage qu'une domination propre. Ce qui ressort surtout, c'est la limite physique qui accompagne encore le talent de Nasukawa. Il a la vitesse, le sens du déplacement, le style du gaucher moderne, la capacité à créer des séquences visuellement impressionnantes. En revanche, il ne donne toujours pas l'impression d'avoir cette puissance qui change immédiatement l'attitude de l'adversaire. Et c'est un vrai sujet. Très vite, Estrada a semblé comprendre qu'il pouvait quand même prendre certains risques, simplement parce que les coups de Nasukawa ne paraissaient pas assez lourds pour le dissuader complètement. C'est là que le combat devient frustrant pour le camp japonais. Même lorsque Nasukawa touche, même lorsqu'il enchaîne proprement, l'effet produit n'a rien de dévastateur. Or, à ce niveau, même un boxeur qui n'est pas un gros puncher doit au minimum imposer une menace crédible pour gagner le respect de l'autre côté.

L'après Usyk : la catégorie poids lourds en ruine

6 avr. 2026

Le passage d'Oleksandr Usyk a laissé la catégorie poids lourds dans un état de fragilité rare, au point que le combat entre Deontay Wilder et Dereck Chisora a surtout servi de révélateur du vide actuel. Pendant une dizaine, voire une quinzaine d'années, les poids lourds ont été associés à un certain modèle physique, presque à une caricature de la catégorie reine. Depuis l'ère Klitschko jusqu'aux Anthony Joshua, Deontay Wilder, Daniel Dubois, Joseph Parker ou Tyson Fury, la division a été dominée par des gabarits gigantesques, très grands, très puissants, parfois un peu rigides dans le rythme, mais capables d'imposer une impression de force hors norme. Cette image contrastait avec celle des lourds des décennies précédentes, plus mobiles, plus variés, plus proches dans l'imaginaire collectif de figures comme Muhammad Ali, Mike Tyson ou Lennox Lewis. Pourtant, cette génération de très grands lourds n'a pas toujours enthousiasmé les foules. Elle a souvent donné une impression de puissance robotique, de boxe spectaculaire par le gabarit mais moins vivante dans le style, moins riche dans les déplacements, moins surprenante dans les échanges. Et c'est précisément dans ce paysage qu'Usyk est arrivé. Ancien cruiserweight, avec un physique respectable mais sans dimension extraordinaire pour un poids lourd moderne, il ne correspondait absolument pas au prototype censé régner sur la catégorie. En théorie, il devait être le technicien brillant, courageux, mais trop petit pour vraiment imposer sa loi tout en haut. En pratique, il a battu tout le monde. Il a battu deux fois Tyson Fury, qui avait lui-même battu deux fois Wilder. Il a battu deux fois Anthony Joshua, l'un des poids lourds les plus marquants de ces quinze dernières années. Il a aussi battu deux fois Daniel Dubois, longtemps présenté comme l'avenir de la catégorie. En quelques combats, Usyk n'a pas seulement gagné des ceintures ou ajouté des grands noms à son palmarès, il a surtout invalidé le modèle dominant du poids lourd contemporain : celui du géant supposé trop grand, trop puissant, trop physique pour être débordé par la technique, l'intelligence de ring et la maîtrise des rythmes. Le problème, c'est qu'après son passage, il ne reste pas grand-chose qui donne l'impression d'une relève immédiate et crédible. Ce week-end, le combat entre Wilder et Chisora a donné une image assez triste de ce qu'il reste derrière. Wilder, autrefois réduit techniquement mais terrifiant par sa main droite, n'a plus semblé capable de produire ce qui faisait sa singularité. Le voir incapable d'arrêter un Dereck Chisora vieillissant, qui n'a plus sa place au sommet de la division, dit quelque chose de l'appauvrissement actuel. Et le fait qu'un tel combat puisse encore occuper autant d'espace médiatique montre aussi à quel point la catégorie manque aujourd'hui de vrais rendez-vous neufs et crédibles. On peut même soutenir que le vrai climax des poids lourds de ces dix dernières années reste la trilogie entre Tyson Fury et Deontay Wilder. Le premier combat a offert cette image devenue mythique du retour de Fury au douzième round après le knockdown. Les deux suivants ont prolongé ce sentiment de chaos, de retournements, de drame, bref de spectacle pur. C'est peut-être là que la catégorie a produit son dernier grand moment de divertissement massif. Puis Usyk est arrivé et a balayé cette dramaturgie avec autre chose : de la technique, de la maîtrise, du calme, et malgré tout une vraie capacité à faire mal, comme on l'a vu contre Fury, Joshua et surtout lors de sa seconde victoire par KO contre Dubois. Dès lors, la question devient presque brutale : que reste-t-il après lui ? Bien sûr, la division finira par se reconstruire, et il existe quelques noms, comme Moses Itauma, qui peuvent nourrir un début d'espoir. Mais à court terme, l'impression dominante est celle d'un champ de ruines. Les anciens repères sont usés, les anciennes menaces ne font plus peur, et les prochains grands combats ne se dessinent pas encore clairement.

Moses Itauma sans surprise face à Franklin Jr

31 mars 2026

Le 28 mars 2026, Moses Itauma a signé une victoire logique face à Franklin Jr en Angleterre, dans un combat qui a surtout confirmé ce que beaucoup voyaient déjà chez lui : un très gros potentiel, mais aussi la nécessité de garder un peu de recul avant de s'emballer. À 21 ans seulement, Itauma reste l'un des espoirs les plus intrigants de la catégorie reine. Son gabarit impressionne, bien sûr, mais ce n'est pas là que se situe l'essentiel. Ce qui marque vraiment quand on le regarde boxer, c'est sa vitesse de bras. Chez un poids lourd de cette taille, voir des enchaînements aussi rapides, des réactions aussi propres et une telle fluidité dans les mouvements de buste reste forcément frappant. En gaucher, il semble déjà très bien construit techniquement : jab, crochet avant, variations du bras arrière, changements de niveau, travail au corps puis à la tête, tout s'enchaîne avec une vraie cohérence. Face à Franklin Jr, cette supériorité technique s'est vue sans difficulté. Itauma a contrôlé le combat, imposé son rythme et terminé le travail sur un KO propre après avoir déjà envoyé son adversaire au sol plus tôt dans la rencontre. Sur ce point, il n'y a pas grand-chose à redire : la prestation a été sérieuse, propre et parfaitement maîtrisée.

Takuma Inoue vs Kazuto Ioka : pas de vacances chez les Inoue

30 mars 2026

_Prévu pour le 2 mai 2026, le combat entre Takuma Inoue et Kazuto Ioka s'annonce comme l'une des grandes affiches de l'année au Japon. Ce n'est peut-être pas le choc le plus médiatisé hors de l'archipel, mais c'est un affrontement majeur entre deux noms qui comptent vraiment dans la boxe japonaise contemporaine._ Ce qui rend cette affiche particulièrement intéressante, c'est d'abord la situation de Takuma Inoue. Redevenu champion du monde après sa victoire marquante contre Tenshin Nasukawa, il aurait très bien pu choisir une première défense plus confortable, plus prudente, presque gestionnaire. Beaucoup de boxeurs, dans sa position, auraient essayé de profiter un peu du statut retrouvé, de sécuriser une ou deux sorties favorables et de consolider tranquillement leur règne. Mais ce n'est manifestement pas la logique des Inoue. Chez eux, l'idée semble toujours être la même : si un défi important existe, il faut le prendre. Ce choix est d'autant plus notable que la carrière de Takuma Inoue avait récemment semblé entrer dans une zone plus floue. Après sa défaite contre Seiya Tsutsumi, il y avait une vraie tentation de le lire comme un boxeur en reflux, un champion sur le point de glisser doucement vers la seconde ligne. Sa victoire contre Nasukawa a complètement relancé cette lecture. Elle a rappelé qu'au-delà du nom qu'il porte, Takuma Inoue reste un boxeur de très haut niveau, capable d'imposer une boxe disciplinée, rigoureuse et efficace face à un adversaire plus spectaculaire mais moins stable dans sa réponse tactique.

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