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  • Inoue monte chez les plumes : c'était à Bam de faire le premier pas

    15 oct. 2026

    Le bras de fer est désormais public entre Naoya Inoue et l'équipe de Jesse « Bam » Rodriguez. Le mardi 13 octobre 2026, le champion incontesté des super-coqs a annoncé sur X qu'il ne comptait plus attendre l'Américain : « I have no intention of sitting around and waiting for 'Bam', so I'm going to start getting ready to move up to featherweight. » Invaincu en 33 combats, dont 27 victoires avant la limite, titré dans quatre catégories et vainqueur de Junto Nakatani en mai 2026, Inoue n'a plus grand-chose à prouver à 122 livres, et les plumes représenteraient une cinquième catégorie pour lui. Il avait pourtant laissé une porte ouverte à Bam, à condition que le combat se fasse autour de février 2027, en prévenant qu'au-delà, « I don't have to be that obsessed with Bam ». Le lendemain, au Korakuen Hall, Hideyuki Ohashi a fermé un peu plus la fenêtre : « there will be no fight in April or May ». Selon le Hochi, Inoue doit remonter sur le ring en février ou en mars. En face, la version est tout autre. Robert Garcia, entraîneur et manager de Rodriguez, assure que rien n'est arrivé jusqu'à eux : « There has been no communication from Inoue to Eddie Hearn… We don't need Inoue. But we are right on schedule to fight him in March, April or May. » Il ajoute ne pas comprendre « why [Inoue] is panicking » et insiste : « as of now, no one has told us anything ». Eddie Hearn, promoteur de Bam, a lui répondu sur X par une question : « Who's waiting? You said you are fighting in Feb/March? We are ready. » Rodriguez, 24-0 (17 KO) à 26 ans, champion WBA des coqs et titré dans trois catégories après son KO d'Antonio Vargas en juin, doit d'abord unifier face à Christian Medina, champion WBO, possiblement le 11 décembre à Cardiff. C'est là que tout coince : le Japon parle de février ou mars, le camp américain de mars, avril ou mai, et personne ne semble avoir transformé les déclarations en proposition concrète. Pour nous, la question de savoir à qui revient le premier pas ne se pose même pas. Naoya Inoue est clairement le A-side de ce combat, le pound-for-pound qui a tout prouvé chez les super-coqs. Bam Rodriguez est un champion exceptionnel et son parcours justifie pleinement l'intérêt de l'affiche, mais c'est lui le challenger. S'il veut défier Inoue, c'est à son équipe d'envoyer le contrat et de faire le premier pas, et non l'inverse. Inoue a expliqué très clairement qu'il attendait une proposition dans une période bien définie avant de monter dans la catégorie au-dessus. On ne peut pas lui reprocher de poursuivre sa carrière quand cette fenêtre n'a pas été saisie.

  • Mendoza fait tomber Sandoval, un upset dans la logique des choses

    12 oct. 2026

    Le 10 octobre 2026, au Wintrust Arena de Chicago, Sergio Mendoza a signé l'une des surprises marquantes de l'année en stoppant Ricardo Sandoval, champion unifié WBA et WBC des poids mouches, par TKO au cinquième round. En co-vedette de Schofield contre Bahdi, sur une soirée Golden Boy diffusée par DAZN, le gaucher mexicain a mis fin au règne de Sandoval à 1 min 46 s de la cinquième reprise, sur intervention de l'arbitre Mark Nelson. Appelé avec un court préavis pour remplacer Oscar Collazo, blessé, Mendoza ne partait clairement pas favori : Sandoval était coté à 7 contre 1, même s'il revenait de quinze mois sans combat. Au terme de la soirée, Mendoza porte son bilan à 28-1 (24 KO), tandis que Sandoval retombe à 27-3 (18 KO). Le combat s'est joué sur trois knockdowns. Dès le deuxième round, Mendoza a envoyé Sandoval au tapis à deux reprises, d'abord sur un crochet droit, puis sur un uppercut gauche, donnant immédiatement une dimension concrète à la menace de ce remplaçant. Sandoval a tenu, mais sans jamais reprendre le contrôle, et au cinquième round un crochet droit en contre l'a renvoyé au sol avant que Mark Nelson n'arrête les débats. Pour Sandoval, la défaite a un caractère inédit : en trente combats professionnels, il n'avait encore jamais été stoppé. Il perd ainsi ses deux ceintures dans des circonstances qui ne laissent place à aucun débat, à l'opposé de celles dans lesquelles il les avait conquises un peu plus d'un an plus tôt. La trajectoire de Mendoza rend la performance encore plus remarquable. Six mois plus tôt, le 13 avril 2026 au Korakuen Hall de Tokyo, il avait été battu par KO au deuxième round par Thanongsak Simsri pour le titre IBF des mi-mouches, et rien dans ce revers ne laissait prévoir qu'il deviendrait si vite champion unifié chez les mouches. Il repart de Chicago avec les ceintures WBA et WBC, soit deux des quatre titres majeurs de la catégorie, et s'installe d'un coup parmi les noms qui comptent à 112 livres. « I'm in shock right now… Viva Mexico! », a-t-il lancé après le combat, en dédiant sa victoire à son frère, récemment décédé. Oscar De La Hoya a parlé d'une « Amazing surprise » et d'un « Incredible KO of Sandoval », des mots qui résument une soirée où un remplaçant de dernière minute a renversé tous les pronostics.

  • Joshua–Fury, la dernière danse d'une époque

    7 oct. 2026

    Le vendredi 11 décembre 2026, le Principality Stadium de Cardiff refermera peut-être un chapitre entier de la boxe britannique. Environ 80 000 spectateurs, un toit rétractable, une diffusion mondiale sur Netflix et, au centre de la scène, Anthony Joshua et Tyson Fury : sur le papier, tout est réuni pour fabriquer l'événement que le public britannique attend depuis des années. Pourtant, l'affiche arrive à un moment où ses deux protagonistes sont quasiment à la retraite et où l'enjeu sportif a perdu l'essentiel de sa substance. Aucune ceinture ne sera en jeu, aucune revanche n'est prévue selon Eddie Hearn et Spencer Brown, et il ne s'agit plus de départager deux champions au sommet de leur puissance. Il s'agit surtout de transformer deux noms devenus immenses en dernier grand rendez-vous commercial. La contradiction est précisément là : Joshua–Fury n'est plus le combat qui devait définir une génération, mais il reste la plus grosse affiche britannique de l'année, peut-être justement parce qu'il représente la fin d'une époque autant qu'un affrontement entre deux anciens rois des lourds. Joshua arrive à Cardiff avec un statut sportif profondément différent de celui qui avait nourri, pendant des années, l'idée d'un choc contre Fury. L'ancien champion olympique de 2012, médaillé d'or à Londres, multiple champion des lourds, a connu les défaites contre Oleksandr Usyk et Daniel Dubois avant de relancer sa trajectoire avec sa victoire contre Jake Paul en décembre 2025. Son bilan affiche désormais 30 victoires, 4 défaites et 27 succès avant la limite, mais les chiffres ne racontent pas tout. En juillet 2026, à Jeddah, son combat contre Kristian Prenga a offert l'image la plus brutale de son déclin : Joshua a été envoyé deux fois au tapis dès le premier round avant de stopper Prenga au deuxième. Pour un boxeur de 37 ans le soir du combat, cette séquence pèse davantage dans la perception de son présent que les années de domination qui ont construit son nom. Il ne s'agit plus d'attendre de Joshua une nouvelle conquête sportive, mais de mesurer jusqu'où son immense valeur commerciale peut encore porter une affiche dont la valeur repose désormais largement sur ce qu'il a représenté. Fury, lui aussi, arrive au bout de son histoire compétitive. Multiple champion des lourds, deux fois opposé à Usyk en 2024 et battu lors de ces deux rendez-vous, il avait annoncé sa retraite en janvier 2025 avant de revenir sur le ring. Sa victoire aux points contre Makhmudov en avril 2026 a marqué son retour, puis son combat de préparation contre Mariusz Wach en Thaïlande en juillet a prolongé cette dernière séquence de carrière. Son record de 36-2-1 demeure celui d'un boxeur ayant traversé une longue période au sommet, mais son parcours récent ne suggère plus de surprise majeure à attendre de lui. À 38 ans, Fury n'est plus présenté comme une énigme à résoudre ou comme le champion capable de bouleverser la hiérarchie mondiale. Il arrive avec un héritage, une personnalité et une capacité intacte à attirer l'attention, mais Joshua–Fury ressemble moins à une nouvelle aventure qu'à la dernière exploitation possible d'une rivalité qui n'a jamais eu lieu lorsque les deux hommes étaient simultanément au sommet.

  • Canelo – Mbilli : pourquoi Álvarez n'a pas dit son dernier mot

    6 oct. 2026

    Le 31 octobre, à The Venue de Riyad, Saúl « Canelo » Álvarez (63-3-2, 39 KO) remontera sur un ring pour la première fois depuis septembre 2025. En face, Christian Mbilli (29-0-1, 24 KO), champion WBC des super-moyens, invaincu, mettra sa ceinture verte et or en jeu dans un combat présenté sous la bannière « Mexico vs. The World » de la Riyadh Season. Depuis l'annonce, un discours domine : à 36 ans, après une défaite, une opération du coude et plus d'un an d'inactivité, le Mexicain ne serait plus que l'ombre de lui-même. Ce constat mérite d'être nuancé. Un contexte chargé Le combat a connu un parcours sinueux. Initialement programmé le 12 septembre, il a été repoussé à la fin octobre, notamment en raison d'une affaire familiale ayant retardé le début du camp d'Álvarez. Fin septembre, BoxingScene révélait que Sela, l'organisateur saoudien, n'avait pas encore financé les contrôles antidopage de VADA. La situation a été régularisée dans la foulée : les deux boxeurs sont désormais inscrits au protocole spécifique aux championnats du monde, en plus du Clean Boxing Program du WBC. Un dossier sensible pour Canelo, dont le contrôle positif au clenbutérol en 2018 reste dans les mémoires.

  • Usyk vs Rico : Usyk s'en sort in extremis, un gros drama pour rien

    31 mai 2026

    Le samedi 23 mai 2026 s'est disputé le combat entre Oleksandr Usyk et Rico Verhoeven. Un affrontement qui surprenait d'emblée : Rico est une légende du kickboxing, avec seulement un combat pro en boxe anglaise il y a une dizaine d'années. Qu'Usyk accepte ce match avait peu de sens sportif : il est en fin de carrière, a prouvé qu'il dominait les poids lourds, et ce n'était pas non plus un choix évident côté argent — en boxe anglaise, Rico restait un inconnu. Pourtant, ce que tout le monde voyait comme une domination facile pour Usyk a basculé. Rico est un sacré morceau : plus grand, plus lourd, une musculature impressionnante, et il a tenu un rythme de déplacement et d'activité très élevé tout au long du combat. Dès les premiers rounds, son style a rappelé un bob-and-weave que les lourds n'avaient plus vus depuis longtemps. Rappel pour ceux qui l'auraient oublié : le bob-and-weave, très prisé dans les années 1950-60, correspondait à une autre morphologie des poids lourds — plutôt 1,90 m que 2,10 m. Les boxeurs utilisaient massivement le haut du corps, se penchaient vers l'avant, pouvaient amener la tête au niveau de la ceinture adverse et bouger bas et sur les côtés pour esquiver et provoquer. Penché au niveau du ventre de l'adversaire, la ligne des épaules tombe au milieu du champ visuel : difficile de lire si le prochain coup part en crochet tête ou au corps. Le centre de gravité vers l'avant pousse sur l'adversaire — un style qui peut paraître bourrin, mais qui a fait ses preuves dans les combats des années 60 avant de s'effacer. Il a disparu peu à peu parce que les lourds sont devenus plus grands (Foreman, Ali…) : tête basse = vulnérabilité aux uppercuts ; face à des adversaires plus longs, on se fait cueillir à distance avec le bras avant et punir en uppercut arrière. Rico n'a sans doute pas adopté cette technique de façon consciente, mais son jeu s'en rapprochait : très en avant, se jetant sur Usyk, ligne d'épaules ni haute ni basse — Usyk peinait à lire les coups, se faisait surprendre par des crochets qu'il ne voyait pas venir, ce qui est frappant pour un boxeur de ce niveau. De plus, Rico était nettement plus grand et plus lourd : difficile pour Usyk de le dominer physiquement, de le tenir à distance et de le punir avec l'uppercut arrière. Dès le début, l'uppercut avant d'Usyk semblait le seul coup vraiment efficace. Usyk a dû penser que Rico, avec toute cette agitation (jambes, garde, buste) et cette masse, finirait par fatiguer — sauf que Rico n'a pas fatigué. Au 4e ou 5e round, une uppercut a déjà blessé Rico ; Usyk a tenté de capitaliser, Rico a tenu. Tout le combat, un Usyk en grande difficulté face à un Rico qui répétait le même schéma — et ça marchait. Usyk est un boxeur très malin, habitué à lire le style adverse pour le contrer (Dubois, Tyson Fury…). Ici, pas les bonnes clés : jab, attendre l'attaque, finir au crochet — classique chez lui — mais la tête de Rico, en avant et basse, faisait passer beaucoup de crochets au-dessus ; il ne respectait pas la posture « moderne ». Beaucoup de coups d'Usyk tapaient dans le vide ; seule l'uppercut touchait parfois, et Usyk était trop court physiquement pour la balancer en restant en sécurité — manque d'allonge et de masse pour tenir Rico à distance, qui s'accrochait après ses attaques pour le fatiguer. Au 11e round, en fin de reprise, Usyk décroche enfin une uppercut qui blesse Rico et le met au sol. C'est là que le buzz décolle — buzz qui fait rigoler, tant il révèle à quel point beaucoup de commentateurs live, journalistes et réseaux ne lisent plus le combat. Vers la dernière minute du 11e, Rico est au tapis, se relève au compte de l'arbitre, signale qu'il n'a plus son protège-dents. Il reste peut-être 40 secondes. L'arbitre prend une mauvaise décision : il envoie Rico au coin pour remettre le protège. Rico titube, le coach remet le protège (il tombe une première fois, puis est remis en place). Entre le compte de dix et la reprise, facilement 20 à 30 secondes s'écoulent. Le combat reprend ; Usyk enchaîne, Rico ne répond pas, l'arbitre arrête au bout de 5-6 secondes — la cloche de fin de round sonne quand l'arbitre se place entre les deux. Drama immédiat : « l'arbitre a volé Rico parce que Usyk perdait ». C'est vrai qu'Usyk perdait sur la carte (l'auteur de ce texte ne lui donne peut-être que deux rounds sur l'ensemble). Mais la logique du « vol » tient mal : si l'arbitre voulait tricher pour Usyk, pourquoi offrir plus de 30 secondes de récupération à Rico, qui ne tenait déjà plus sur ses jambes ? Avec seulement les 10 secondes réglementaires, Usyk l'aurait probablement fini encore plus vite. Contradiction majeure du narratif « vol ». Erreur réelle de l'arbitre : le temps au coin pour le protège-dents. Ensuite, correction implicite en stoppant vite après la reprise — ça arrive en boxe, 11e round, fatigue décisionnelle. Pas de vol : Rico était blessé ; moins de repos = fin plus brutale. Usyk perdait, oui — mis en difficulté, sans solution durable sur la distance — mais comme un grand champion il a trouvé son uppercut en fin de 11e et clos le combat. Pas de place à un scandale : Rico menait, mais gagner en boxe anglaise c'est soit par KO, soit aux points sur 12 rounds ; Rico a fait 11 rounds exceptionnels, pas 12. Dommage pour lui, à un cheveu d'un des plus grands upsets ; émotion légitime, buzz disproportionné. Usyk a frôlé la correctionnelle — preuve que tout peut basculer au sommet, que l'invincibilité finit par vaciller (comme ça pourrait un jour arriver à Naoya Inoue). Aujourd'hui son record tient encore, mais il y a de quoi se poser des questions.

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