
Le plus gros combat du week-end aux États-Unis opposait David Benavidez à Zurdo Ramirez, le 2 mai 2026. Sur le papier, beaucoup présentaient l'affiche comme un vrai clash : d'un côté, un champion chez les lourds-légers, Ramirez ; de l'autre, Benavidez, qui montait de catégorie pour tenter de lui prendre sa ceinture. Pourtant, de notre côté, on voyait déjà un combat assez limité. On en avait parlé dans le podcast de la chaîne YouTube Dans les Cordes : Ramirez, malgré ses 34 ans seulement, porte déjà énormément de passif en boxe. Il a beaucoup donné et il a déjà été battu. Le doute était donc faible avant même le premier gong. La veille du combat, en le voyant marcher, on sentait déjà des jambes rigides, fatiguées, presque boiteuses. Il n'y avait pas vraiment de mystère : Benavidez semblait parti pour gagner facilement.
Dès le début du combat, cette impression s'est confirmée. Ramirez n'avait quasiment pas de mouvement de tête et se faisait prendre par tout ce que lançait Benavidez. En termes de spectacle, ce n'était pas désagréable : Benavidez avance, cherche le contact, met de l'agressivité, et avec lui on ne s'ennuie pas devant la télévision. Mais en termes de boxe pure, le spectacle restait très limité. On avait l'impression de voir deux mecs bien portant se battre, loin de la boxe plus classe que proposent habituellement les grands champions. La vitesse de bras de Benavidez dans cette catégorie reste impressionnante, surtout avec les petits gants, et elle produit beaucoup de dégâts. Mais sa domination n'a pas effacé ses défauts : il était en mode , il avançait constamment, et il s'est quand même fait toucher souvent par Ramirez. Ces coups n'ont pas eu d'impact réel sur lui, mais ils existent, et face à une opposition plus fraîche ou plus dangereuse, ce genre d'ouvertures peut compter.
Ramirez a mis un genou à terre autour de la quatrième reprise, apparemment gêné à l'œil. Puis, à la sixième, après un enchaînement de Benavidez dans lequel il y a aussi eu un coup de coude qui semblait involontaire, Ramirez a choisi de ne pas se relever. Le coup de coude paraît avoir joué dans sa décision, même si le combat allait déjà clairement dans le sens de Benavidez. Résultat : victoire par KO pour Benavidez, sans grande surprise.
Mais le problème, encore une fois, c'est la suite. Après le combat, Benavidez a appelé Canelo, ce qui pose question : comment un boxeur qui vient de gagner une ceinture dans une catégorie peut-il appeler un adversaire qui fait environ 25 kilos de moins que lui ? Il parle aussi de Bivol ou Beterbiev, deux noms qui ne sont pas forcément au mieux en ce moment, tout en disant non directement à un combat contre Jai Opetaia, pourtant champion en titre, jeune, dans son prime, et référence de la catégorie. C'est là que se situe le vrai problème de Benavidez : il ne sera jamais vraiment the face of boxing, comme disent les Américains, parce qu'il lui manque de la classe. Il cherche toujours les combats où il a clairement un avantage, ou ceux qui peuvent lui rapporter un gros payday.
Pour quelqu'un qui n'est ni mexicain ni fan de Benavidez, ce combat avait finalement peu d'intérêt, si ce n'est de voir où en était Ramirez. Et la réponse est claire : comme il l'avait lui-même laissé entendre, sa carrière touche à sa fin. Benavidez, lui, repart avec une victoire nette, de la vitesse, de la puissance, et un nom de plus à son palmarès. Mais pour convaincre au-delà de son public, il lui faudra autre chose qu'une démonstration face à un adversaire déjà usé.